Les familles de victimes dénoncent...

"L’Etat n’a aucun moyen»

Aux Comores, les familles des victimes dénoncent le manque de soutien.

Par LISA GIACHINO Moroni, correspondance

 

La recherche d’éventuels rescapés du vol de Yemenia qui s’est abîmé dans la nuit de lundi à mardi aux Comores s’est poursuivie hier avec l’aide de plusieurs pays, sans succès, tandis que la compagnie a annoncé des compensations de 20 000 euros au moins pour les familles de chaque victime.

Les forces comoriennes ont reçu l’aide de la France, des Etats-Unis et de Madagascar, qui ont dépêché navires, avions, hélicoptères et plongeurs à la recherche de survivants parmi les 153 passagers et membres d’équipage de l’A 310 de la compagnie nationale yéménite. Pour l’heure, seule une adolescente a été retrouvée vivante. Outre la recherche de survivants, les sauveteurs et militaires espèrent récupérer les précieuses boîtes noires de l’appareil, déterminantes pour l’enquête sur les causes, encore inconnues, du crash.

Face à la levée de boucliers contre la compagnie, dénoncée tant par ses usagers que par autorités françaises, qui ont mis en doute son respect strict des règles de sécurité, Yemenia a annoncé une première enveloppe en compensation pour les familles des victimes.

Aux Comores, des proches de ces victimes témoignent.

Moustoifa, rencontré devant la Direction de la protection civile, à l’aéroport

«J’ai perdu mes trois frères, ma mère est en train de mourir parce qu’elle a perdu ses enfants. Il y a quarante-huit heures que je suis là, ma mère et mes sœurs aussi, et je n’ai vu personne. Moi, hier, je suis monté dans un bateau de pêcheur pour chercher, et je suis venu ce matin avec des gilets de sauvetage car je suis sauveteur, mais on ne sait pas quoi faire, on ne nous dit rien. Tu ne peux pas pénétrer à l’intérieur. Ils arrêtent les gens. Ce sont des incompétents. Cent cinquante personnes ont péri et l’Etat n’a rien déclenché. Ils n’ont rien, aucun moyen. On a vu un ministre français passer sous nos yeux, des gens du Yémen, mais aucune autorité comorienne n’est venue nous parler.»

 

Ahmed, rencontré à Mitsamihuli, le village le plus proche de l’accident 

«Mon ami d’enfance est mort en laissant sa femme et ses enfants. Pour sa mémoire, je vais me battre pour que les choses suivent leur cheminement normal : enquête et indemnisation des victimes. Ils veulent nous faire croire que seul le vent est responsable de l’accident. Les politiques comoriens, les notables qui ont des intérêts dans Yemenia voudront enterrer l’affaire pour qu’on fasse "Allah m’doulila" [Dieu merci, ndlr]. Je devais faire la fête avec deux potes et au lieu de ça je vais devoir les enterrer, peut-être même que je les enterrerai jamais.»

 

Abdoulkarim Ahmed et Saleh Houssein,frère et oncle d’une victime

«Eddy faisait de l’import-export à Dubaï. Il venait au mariage de son petit frère. Il y a 95 % de chances qu’il soit mort. On a du mal à assumer, mais c’est Dieu qui décidera. Hier, on a eu des informations sur la fille repêchée (lire ci-contre), c’est tout. Ce qui compte, c’est d’avoir des réponses précises, savoir si on a récupéré des gens.»

 

 Source : site internet du journal Libération http://www.liberation.fr/monde/0101577379-l-etat-n-a-aucun-moyen

Comores crash familles de victimes

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